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Voici venu tout doucement le temps des dernières fois.

Il y a 7 ans, quand j'ai commencé ce blog, j'étais pleine de nostalgie. J'étais triste de quitter mon Alsace d'adoption, le pays de mes deux grands qui avaient le bon accent et qui rapportaient du munster à la journée du goût à l'école. J'étais triste de quitter mes amis, mon travail, mes voisins et...ma maison!

J'ai toujours été très attachée aux lieux où j'ai vécu. Sans doute car j'ai déménagé un nombre de fois incalculable avec mes parents petite. Du coup, j'ai toujours eu envie d'avoir une véritable maison dans laquelle mes enfants grandiraient et où ils aimeraient revenir plus tard pour le gigot (hélène, c'est cadeau) du dimanche!

Que j'étais naïve... c'était sans compter la vie qui avait décidée de ne pas me faire passer par le chemin que j'avais tracé, qui avait décidée de me secouer les poils et les puces pour que ma vie ne ressemble pas à celle de caroline ingall's, c'était sans compter la vie moderne qui ne m'avait pas encore frappée du haut de mes 20 ans.

Je me suis donc attachée aux lieux où j'ai vécu et plus encore à mes deux maison.

Il y a 4 ans, quitter ma maison actuelle aurait été un déchirement. J'ai fait beaucoup de sacrifices pour pouvoir la conserver, j'ai connu plein de mésaventures bancaires et envoyé un paquet de mails incendiaires pour cette maison. Je l'ai bichonnée, j'ai repeint chaque pièce une à une, j'ai aimé y fêter nos anniversaires, noël, halloween... j'ai adoré voir mes enfants sortir devant avec tous leurs copains chaque été et jouer à la gamelle et a dauphin/daupine. J'ai kiffé quand mon papa m'a aménagé ma salle de bain privée en bas (bon elle sera restée privée environ 2 jours avant d'être envahie de serre-tête licorne, de liquid mat teinté café frappé et autre déo lapins crétins) 

Dans cette maison, j'ai ri, j'ai crié, j'ai  pleuré, j'ai attendu avec impatience mon bébé, j'ai allaité, j'ai fait des tonnes de devoirs avec mes enfants, j'ai vu mon fils apprendre à lire, j'ai vu ma grande répéter ses chorégraphies de danse classique, j'ai fait la fête, j'ai bu des apéros, mangé des raclettes, fait l'amour, parlé d'amour, vécu d'amour, reçu mes copines, mes collègues d'amour. J'ai été malade, j'ai soigné mes enfants, j'ai appris de bonnes et de mauvaises nouvelles, j'ai tourné des pages et j'en ai écris plein...

Dans cette maison, j'ai vécu et j'ai vu vivre les être les plus chers à mon coeur.

Aujourd'hui, je ne suis pas triste, j'ai envie de partir, j'ai envie de recommencer autre chose ailleurs tout en emportant tous ces souvenirs avec moi, sans 

rien renier, sans rien oublier et en disant merci à cette maison d'avoir accueilli tant d'émotions, même les plus difficiles.

Cette maison, je l'ai en photo, je l'ai dans ma tête et même si mes filles lui ont dit au revoir hier, même s'il ne me reste plus que 2 dodos ici, même si je refuserais probablement de revenir la voir ensuite, elle fait partie de moi et nous faisons partie d'elle!